La France au temps des guerres mondiales
De 1914 à 1945, la France va connaître deux conflits ravageurs contre l’Allemagne unifiée. Pourtant victorieux, le pays perd son rang longtemps inégalé de grande puissance mondiale et entre dans une crise identitaire comme sociale dont les conséquences sont encore visibles aujourd’hui.
La Grande
Guerre et ses conséquences
Le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. La
mobilisation générale transforme des millions de citoyens français en soldats.
Résolue à venger l’humiliation de 1870, la République française adopte une
stratégie offensive destinée à reconquérir l’Alsace-Moselle. Les premiers
affrontements sont un échec ; les armées françaises sont confrontées à la
réalité d’un conflit d’une ampleur inédite.
La France tient le choc et organise bientôt une puissante
industrie tournée vers la production militaire. Dès 1916, les erreurs initiales
sont corrigées et le pays dispose de la première armée du monde. Lors de la bataille
de Verdun, ses soldats affichent une résistance désespérée malgré les
bombardements massifs et les assauts allemands répétés. D’un point de vue
politique, l’arrivée au pouvoir du radical Georges Clemenceau
renforce l’unité nationale malgré quelques scandales militaires comme les
mutineries de 1917 ou la meurtrière bataille
du Chemin des Dames.
Le 11 novembre 1918, la France obtient de l’Allemagne un
armistice salvateur alors que Berlin connaît des troubles sociaux et politiques
majeurs. A l’issue du conflit le plus meurtrier de l’histoire nationale, le
pays aura perdu 6 millions d’hommes dont 1,4 millions de morts.
Une
victoire demeurée inexploitée
Toutefois, Paris souffre d’un isolement diplomatique qui
l’oblige à reculer et se satisfaire de concessions ; en effet, ses alliés
anglo-américains redoutent une hégémonie française sur l’Europe, renouant avec leurs
politiques traditionnelles. Sous l’impulsion de la Gauche, la France commence
une politique d’apaisement vis-à-vis de l’Allemagne – incarnée par le radical Aristide
Briand. Cette nouvelle relation, à sens unique aux vues de l’attitude
revancharde de Weimar, conduit à de nombreuses tentatives de maintenir la paix
en Europe par le dialogue – sans succès.
À partir des années 1930, la France est frappée par la
crise financière, économique et sociale importée des États-Unis. Dernier pays
majeur d’Europe victime de cette récession en raison de la vétusté de son tissu
économique, son fonctionnement politique instable (parlementarisme)
achève de la paralyser.
D’un point de vue militaire, la France souffre d’errements doctrinaux
en raison de son statut de vainqueur. Sûrs de leurs forces, les officiers
généraux adoptent majoritairement une doctrine défensive incarnée par la
célèbre Ligne Maginot. Incapable d’acter une ligne directrice, la
France affiche des errements décisifs quant à ses blindés, avions ou fusils…
La
Seconde Guerre mondiale, tombeau des puissances européennes
Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux France coexistent ; la première dirigée depuis Vichy organise la collaboration avec l’occupant allemand – espérant soit gagner du temps soit une place de choix dans l’Europe nouvelle – tandis que la seconde combat aux côtés des alliés britanniques puis soviétiques comme américains. Réhabilitée par d’étonnants succès (Bir Hakeim, Mont Cassin, Rome), l’Armée française participe à la libération du territoire national à l’été 1944. L’année suivante, les troupes françaises réalisent une campagne exceptionnelle à travers la Bavière et l’Autriche jusqu’à la demeure personnelle d’Adolf Hitler dans les Alpes autrichiennes.
Si la France sort à nouveau vainqueur du conflit mondial,
elle est exsangue et épuisée à l’instar de l’Allemagne ou du Royaume-Uni qui
laissent leurs places de grandes puissances mondiales aux États-Unis et à l’Union
soviétique.





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