Nos ancêtres les Gaulois
Les Gaulois – ainsi que les appelaient les Romains – sont les premiers habitants clairement identifiables de la France. Établis depuis la fin du VIIème siècle avant l’ère chrétienne (EC), ils jettent les bases de la future civilisation française. Voici leur histoire.
Une
Gaule, des Gaulois
La Gaule préromaine
a suscité de nombreuses émulations, que ce soit au temps de l’Antiquité comme à
l’époque contemporaine. Objet de propagande à travers les siècles, nous devons
bien comprendre que les seules sources disponibles quant à la Gaule et les
Gaulois furent des textes romains – les Gaulois appartenant à la tradition
orale, jalousement gardée par les druides.
Toutefois, les
recherches archéologiques et historiques récentes battent en brèche nombre d’idées
reçues sur la Gaule et les Gaulois. D’abord et avant tout, la division profonde
des Gaulois qui n’ont qu’une très faible conscience commune d’appartenir à un
ensemble civilisationnel partagé. Si tous les Gaulois sont des celtes, ils n’en
demeurent pas moins regroupés en tribus et clans fortement indépendants les uns
des autres. En lieu et place de Gaulois, il serait donc plus véridique
de parler de Parisii, Sénons, Helvètes, Arvernes et
autres Carnutes.
Dès lors, et de ce
fait, les Gaulois n’affichent pas une politique extérieure commune. Certains
peuples, comme les tribus frontalières de la République romaine, sont des alliés
ou des clients de la Cité éternelle. D’autres, plus éloignées, vivent en
autarcie tandis que certaines ont des échanges économiques à travers toute l’Europe.
C’est donc sur ces divisions et griefs historiques que les Romains vont jouer
plus tard dans le cadre de leur invasion des Gaules.
Les
sociétés gauloises avant la conquête romaine
Là encore, la
société gauloise fut l’objet d’intenses controverses historiques. Présentés
comme des sauvages ou des peuples technologiquement moins avancés que les
Romains, les Gaulois sont souvent dépeints comme des rustres, aux us et
coutumes barbares et aux sociétés archaïques. Même au XXème siècle,
avec la bande-dessinée Astérix (René Goscinny & Albert Uderzo,
1959), ce stéréotype demeure.
Pourtant, les
Gaulois affichent en majorité une avance technologique considérable vis-à-vis
des Romains notamment dans les domaines de la joaillerie, de la ferronnerie, de
la cavalerie ou encore de l’agriculture. Les Gaules sont sillonnées de routes
commerciales dont certaines sont empierrées, les paysages ont été transformés
par des champs et des pâturages, de véritables villes au sens latin du terme y
prospèrent comme Bibracte (Saône-et-Loire) ; les oppida (sing :
oppidum), de grandes agglomérations fortifiées à flanc de collines. Leur
style vestimentaire, raffiné, est à rapprocher de leurs soins corporels :
les cheveux sont coupés et entretenus avec soin tandis que la peau est rasée de
près. Les Gaulois sont donc un ensemble
de peuples industrieux, riches et commerçants.
De plus, au cours
du Ier siècle avant l’ère chrétienne (EC), les Gaulois participent
de plus en plus aux activités de mercenariat des légions romaines qui recrutent
nombre d’auxiliaires barbares. Cette proximité entre Gaulois et Romains va
contribuer au rapprochement culturel des deux peuples que l’administration
romaine parachèvera. Ainsi, pouvons-nous voir Vercingétorix, le futur chef de
guerre arverne, suivre Jules César dans ses premières campagnes militaires. Ainsi,
nombre de Gaulois appartenant à l’aristocratie locale parlent latin et
commercent avec Rome.
La guerre
des Gaules
Mais alors, pourquoi
la guerre des Gaules ? Pourquoi cette invasion romaine au cours du Ier
siècle de l’ère préchrétienne ? Deux facteurs principaux expliquent les
motivations romaines.
D’abord, l’invasion
de la péninsule italienne par les Sénons de Brennus au cours du IVème
siècle. Vers -400, ces Gaulois vont déferler depuis les actuels territoires de
Seine-et-Marne et de Bourgogne septentrionale. En cause, un différent militaire
qui oppose Rome à la colonie grecque de Syracuse. Pour pouvoir écarter les
Romains des affaires siciliennes, le tyran Denys l’Ancien aurait probablement conclut
une alliance de revers avec les guerriers sénons. En -390, Rome tombe. C’est un
véritable traumatisme qui s’inscrira durablement dans la mémoire collective de
la Cité. Même s’ils sont repoussés grâce à l’action du dictateur romain Camille,
les Sénons vont durablement s’installer en Italie du nord et menacer la jeune république.
Dès lors, les
Romains n’auront de cesse de chercher la domination en Italie septentrionale,
ce qui sera chose faite lors de la reconquête de la Gaule cisalpine entre 232
et 191 av. EC. Dans le prolongement de cette politique sécuritaire, Rome s’assure
également le contrôle des côtes gauloises de Méditerranée via la conquête de la
Gaule transalpine à la fin du IIème siècle.
Pourtant, la Gaule chevelue soit une majeure partie de la France actuelle
n’intéresse pas les Romains. Les tribus qui y sont présentes constituent de
bons partenaires commerciaux et des auxiliaires militaires précieux. Certes,
certains peuples demeurent hostiles à l’influence romaine quand d’autres affichent
une attitude indifférente, mais globalement, les relations entre Rome et les
Gaules sont bonnes alors que commence le Ier siècle qui précède l’ère
chrétienne.
Tout bascule finalement avec Jules César. Comme tout aristocrate
romain ambitieux, César convoite les victoires militaires de sorte à compter au
sein du pouvoir politique romain. C’est d’autant plus vrai que sa famille, les
Juliens, est tombée en disgrâce au fil du temps. Après une première carrière
dans l’armée, il intègre les hautes sphères de l’aristocratie romaine. En tant
qu’homme politique, il se fait un nom en prenant partie pour le camp des populares,
ceux qui sont en faveur du peuple par opposition aux optimates qui
défendent l’aristocratie et ses privilèges. Proche de Crassus, il concoure à l’alliance
de ce dernier avec le général victorieux Pompée.
Bénéficiant du
soutien populaire, César devient consul puis, au terme de son mandat, proconsul
des Gaules cisalpine et transalpine. Il y voit une opportunité inestimable de
gagner la gloire militaire tant attendue. La Gaule chevelue fut pour César ce
que sera la France pour le chancelier prussien Bismarck : la victime
collatérale d’une ambition politique. Prétextant un casus belli divers,
il engage ses légions en Gaules. Là, il bénéficie du soutien de nombreuses
tribus clientes de Rome mais aussi de l’opposition frontale d’anciens
serviteurs de la République comme Vercingétorix. Ce dernier, conscient des
ambitions de César, tente d’unir les tribus gauloises au sein d’une grande
confédération. Devenu chef des Arvernes en -52, Vercingétorix parvient à assembler
une grande armée de résistance qui défait les Romains à Gergovie, contre toute
attente. Mais l’ingéniosité et l’organisation des légions vont condamner l’insurrection
à la nuit. À
Alésia, la même année, César parvient à remporter le siège et obtenir la reddition
puis l’asservissement du chef gaulois.
La Gaule est
désormais romaine et le demeurera pendant quatre siècles.






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